Description du projet

45 Tiger en Normandie de Didier Lodieu –  25 €

Réédité dans ma collection sous le numéro 15

Format : 16 x 24 – 224 pages – 192 photos

L’historique du s. Pz. Abt. 503 manquait dans l’histoire de la bataille de Normandie. Grâce à Didier Lodieu, avec l’appui du Général von Rosen qui a approuvé ce texte, cette lacune est comblée. Le point fort du livre est d’apporter des statistiques précises sur l’emploi du Tiger en Normandie. Ayant retrouvé la trace de chacun des 45 Tiger de l’unité, l’auteur offre une vision complète de l’engagement d’un bataillon de chars lourds durant l’été 1944.
Plus de 280 photographies, dont la moitié inédites, présentent un panorama de la bataille de Normandie dans son ensemble. Certains clichés montrent des unités inconnues jusqu’alors dont le rôle fut pourtant important. Des légendes très documentées apportent des informations nouvelles et inédites sur des photographies déjà connues. Le tout constitue l’étude définitive sur la s. Pz. Abt. 503 en Normandie.

Ce soir M. Lefavrais a acheté le dernier des 2500 exemplaires des 45 Tiger en Normandie. Le destin en a décidé ainsi. Ce livre qui est vendu plus de 90 euros depuis plus de deux ans sur le net a fait la joie des spéculateurs.

Je ressens quelque chose d’indéfinissable à ce sujet, presque un mal être, une partie de moi-même qui s’en est allée. Je me revois encore me réveiller la nuit pour compter le nombre de chars détruits. IL y avait toujours quelque chose qui n’allait pas. Je me souviens encore que ce livre imparfait avait nécessité 2700 h de travail. Enfin, j’ai cerné la vérité au plus serré. Je n’empêche personne de faire mieux.

Mais avant tout cela, je me souviens du général von Rosen, de ses hommes devenus des camarades après la guerre. je me souviens la première fois lorsque je l’ai rencontré. J’avais sonné à sa porte. Il avait un bel appartement entouré d’un grand jardin, d’une grande pelouse. Il pestait car son cabot déposait des crottes dans tous les sens. Puis il est venu m’ouvrir en pestant contre le chien. Il m’a accueilli avec une grande chaleur, peut-être plus que celle des degrés qui marquait cet après-midi là.

D’emblée, il m’a proposé un café glacé. Son épouse était là. On a discuté et discuté. Il m’a évoqué le régime terrible du moustachu, mais de son honneur, de l’honneur de ses hommes qui ont combattu, de ceux qui sont morts à ses côtés et de ceux qui ont survécus, mais qui sont morts dans les années récentes, de ceux qui sont malades qui ne viendront pas à la Treffen demain, des rescapés qui ont encore la volonté de retrouver leurs camarades. Pour ces gens là, leur réunion, c’était l’occasion de revoir leur deuxième famille. Pour moi, c’était l’occasion de rencontrer les derniers survivants du 503. Fiers ils ont été, honnêtes ils ont été à démystifier leur char en Normandie. Avec von Rosen, nous avons eu des différents historiques, mais à chaque fois nous nous sommes mis d’accord. Il n’y avait plus de différence entre nous, un général de corps d’armée et un historien à la petite semaine. Une seule chose nous motivait : raconter l’histoire telle qu’elle l’a été et telle qu’elle ne sera plus racontée car dans quelques années, ils ne seront plus là pour témoigner. Le temps nous a rattrapé camarades, et les jeux sont faits. Il ne reste plus que les écrits récupérés il y a des décennies. Mails ils ne sont pas sans limites.

De cette rencontre, les deux points qui m’ont marqués sont les suivants :

Le général von Rosen m’a dit en quittant sa maison pour aller à la rencontre : Herr Lodieu, suivez moi, on va se rendre à la Treffen de la 3. KP. Jaillisant de son garage avec une voiture grosse comme un pot à yaourt, il a fait rugir le moteur comme un Tiger, et à 83 ans il s’est mis à rouler sur l’autoroute à 180 km/h. Avec mon Pz. III, j’ai eu du mal à le suivre.

A la treffen, c’était comme la fête. Des gamins de 80 ans qui se retrouvent. Von Rosen a fait un petit discours sur la raison de ma présence, puis a fait distribuer les planches contacts de l’Ecpad sur Koursk. Le résultat a été extraordinaire. Puis vers 1 h du matin, le restaurateur nous a invité à aller nous coucher. Parmi les Anciens, il y avait Severin. Il avait fait la Normandie. Le contact avait été fantastique. Il m’a promis des lettres et des docs. On en avait tous un coup dans le nez, et au moment de nous séparer j’ai tiré les bretelles de Severin pour les faire claquer sur sa bedaine tout en lui demandant de ne pas m’oublier dans ses promesses. Tout le monde s’est marré et on a chanté le Panzer Lied.

Le lendemain matin, en arrivant au Früstuck, tout le monde avait une triste tête. Je vais voir von Rosen, et lui demande ce qu’il se passe. Il me répond : Severin est mort durant la nuit, le dos adossé au lit, le sourire aux lèvres. Les émotions avaient emporté sa vie.

Déconfis, je ne savais quoi faire. En voyant von Rosen sortir de sa chambre du 1er étage avec ses valises, je lui propose de l’aider à porter ces dernières. Il me regarde alors, les yeux coléreux : Qu’est ce que vous croyez? Vous me prenez pour un vieillard?!!!

Il a repris sa fusée puis à défié la réglementation de vitesse de l’autoroute.

Deux semaines après être rentré chez moi, Severin avait tenu parole. Il m’avait envoyé tout ce qu’il possédait sur son engagement en Normandie. Un de ses camarades avait prévenu sa fille pour  qu’elle m’envoie tout ce dont il disposait. J’ai tout scanné et lui ai tout rendu.

Face à tous ces chocs que je résume, j’ai ressenti la fin de ces hommes qui se raccrochaient les uns aux autres, puis je me suis dit qu’il était temps de penser à la vie. Il y avait bien longtemps que j’avais oublié la mienne qui ne ressemblait à rien dans cette société à la con.

A mon tour, je vais allé me coucher comme Severin, après avoir bu plus d’une bouteille tout en vous racontant mes conneries.

Didier Lodieu

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