Chers lecteurs,

Faire ce livre a été très compliqué car je n’ai jamais pu retrouver de vétérans américains de la 2nd  US Armored Division qui ont participés à la prise d’Elbeuf le 25 août 1944. Probablement parce que cet événement n’avait duré qu’une seule journée durant la campagne de Normandie et certainement aussi parce que les pertes avaient été légères comparées à celles enregistrées plus tôt. J’ai dû me contenter de collecter ce qui figurait aux archives américaines pour obtenir, néanmoins, de précieux renseignements.
Du côté des vétérans allemands, cela a été beaucoup plus simple car j’ai rencontré au fil des années passées plusieurs d’entre eux qui étaient passés à Elbeuf lors de la retraite et d’autres qui y avaient combattu. Ce qu’il y a de très intéressant à travers les récits de ces derniers, c’est la diversité de leurs motivations à travers leurs épreuves.

Je pense que ce livre apporte une vue précise des circonstances dans lesquelles ces hommes des trois côtés se sont heurtés. Le premier, les Américains, pressés d’en finir avec les restes de l’armée allemande en Normandie ;  le deuxième représenté par les résistants qui ont combattus à visage ouvert et le dernier pour les Waffen-SS prêts ou presque à se battre jusqu’à la dernière cartouche à un contre dix, entraînant malgré eux des soldats de la Wehrmacht plutôt enclin à ficher le camp.
Aujourd’hui encore, des divergences d’opinions sont restées ancrées dans leur mémoire et certains vétérans en sont encore à se rejeter les fautes quant à la façon de se conduire pour la défense d’Elbeuf. L’un d’eux a même téléphoné au général Guderian durant les années 1990 pour lui demander la raison pour laquelle ce Kampfgruppe de la Das Reich avait été envoyé dans la mission suicidaire qui était celle de tenir Elbeuf… Bien après la guerre, pour les uns et les autres, Elbeuf a constitué un règlement politique entre la Wehrmacht et la Waffen-SS. Cet aspect devrait être étudié, mais des moyens importants devraient être mis en œuvre pour cela, et ce n’est pas avec les aides que je dispose que je pourrais le faire.
L’appui de Fritz Langanke qui m’avait remis son article publié dans la revue Der Freiwillige et quenous avons largement développer ensemble a été indispensable. Sans lui, rien n’aurait été possible.
Que ce livre soit apprécié ou pas, il fait partie de l’histoire d’Elbeuf. Il a été écrit en toute partialité.
Il a été très difficile de reconstituer l’engagement du groupement tactique de M. Langanke, bien que celui-ci fût doté d’une mémoire extraordinaire. Compliqué parce qu’Elbeuf ressemblait davantage à un amas de ruines plutôt qu’une ville ce 25 août et de fait très difficile à se repérer aujourd’hui. Après la guerre, la période de reconstitution est arrivée et le plan de la ville modifié. Ne parvenant pas à se repérer avec une carte d’avant-guerre et encore moins avec une carte d’aujourd’hui, M. Langanke est revenu sur les lieux à deux reprises, conduisant seul à bord de sa voiture à l’âge de 77 ans. Il se souvenait seulement d’être descendu de son char par la route de Bourgtheroulde puis d’avoir vu la mairie à partir de la rue centrale. Il n’y avait alors aucune construction encore debout entre les deux points cités ! Ensuite, avec le temps et les photos d’engins détruits retrouvés par M. Bardy, nous avons pu  petit à petit constituer le puzzle des événements. Il va s’en dire que ce livre n’est pas exhaustif sur les combats de la libération d’Elbeuf, mais nous approchons de la vérité et de la violence des faits.

Cordialement

Didier Lodieu

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